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Alphonse Lusignan (1843-1892)

Alphonse LusignanAlphonse Lusignan est né le 27 septembre 1843 à Saint-Denis-sur-Richelieu et il est décédé le 5 janvier 1892 à Ottawa, à l’âge de 49 ans. Après des études classiques au Collège de Saint-Hyacinthe (1852-1859), il étudie la théologie, d’abord au Séminaire de Saint-Hyacinthe puis à celui de Montréal. Par la suite, il abandonne la théologie pour le droit, qu’il étudiera à Québec à l’Université Laval. En 1872, il est admis au barreau du Québec et, en 1874, il est nommé secrétaire du ministère de la Justice à Ottawa, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Élu membre de la Société royale du Canada en 1885, Lusignan sera fait officier de l’Académie de France deux ans plus tard.

Ce fils de marchand est rapidement devenu l’une des principales figures de proue de l’élite intellectuelle du dernier tiers du XIXe siècle, à côté de ses amis Arthur Buies et Louis Fréchette. D’allégeance libérale, il exerça principalement son influence dans les divers journaux auxquels il collabora, notamment La Patrie et Le Pays, dont il fut rédacteur en chef de 1862 à 1868, rédigeant « à lui seul [...], depuis les articles de fond, jusqu’aux faits divers de la chronique locale, depuis la traduction des dépêches jusqu’à la rédaction des réclames et des annonces » (Fréchette, 1892 : 20). Ses Coups d’oeil et coups de plume (1884), qui réunissent une cinquantaine de ses textes journalistiques parus pour la plupart dans La Patrie, donnent encore aujourd’hui un bon aperçu de ses préoccupations et de son style.

Alphonse Lusignan était un amoureux et un fin connaisseur de la langue française, comme le rapporte son ami Louis Fréchette (1892 : 20-21) :

Il étudiait la langue, fouillait les glossaires, feuilletait les philologues, et empilait des extraits qui seront une mine pour les travailleurs de demain.

Moins de douze heures avant sa mort, il appelait sa fille et lui faisait prendre en note deux mots qu’il venait de trouver dans un journal parisien, avec prière de constater l’acception spéciale qu’il croyait leur découvrir.

La langue française étant pour lui au coeur de l’identité de la nation canadienne-française, il était l’un de ses plus ardents défenseurs. Le respect qu’il lui vouait l’amena « à se lancer au secours d’une langue souvent attaquée et trahie par les siens », pour reprendre les mots de J. J. Fillatre (1892 : 34), un autre de ses amis, qui rapporte du même souffle les propos suivants :

Non, non, m’a-t-il dit souvent, ce ne sont point les Anglais, mais ce sont bel et bien nos propres journalistes qui tuent notre langue.

C’est dans ce contexte que Lusignan a fait paraître dans le journal montréalais La Patrie, d’avril 1884 à juillet 1885, une chronique de langage intitulée « Fautes à corriger. Une chaque jour ». D’abord publiée quotidiennement puis de façon moins régulière, cette chronique est constituée de 219 courts billets dans lesquels l’auteur rapporte et corrige des fautes qu’il a relevées sous la plume de ses confrères journalistes ; quelques années plus tard, la plupart des ces billets ont été réunis dans un recueil préfacé par Louis Fréchette (voir Lusignan, 1890).

Dans la base ChroQué, la chronique de Lusignan est identifiée par le sigle LusFaut et chacun des billets qui la constituent est numéroté de 001 à 219. — Claude Verreault, Université Laval.

Références

Fillatre, J. J. (1892), « Notre langue », dans À la mémoire de Alphonse Lusignan. Hommage de ses amis et confrères, Montréal, Desaulniers et Leblanc Éditeurs, p. 31-35.

Fréchette, Louis (1892), « Lusignan », dans À la mémoire de Alphonse Lusignan. Hommage de ses amis et confrères, Montréal, Desaulniers et Leblanc Éditeurs, p. 1-30.

Lusignan, Alphonse (1884), Coups d’oeil et coups de plume, Ottawa, Ateliers du « Free Press », ii-342 p.

Lusignan, Alphonse (1890), Fautes à corriger. Une chaque jour, Québec, C. Darveau, xxvi-179 p.

Autres sources consultées

Beaulieu, André, et Jean Hamelin, La presse québécoise des origines à nos jours, tome 1 (1764-1859), Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1973, p. 173-176.

Herbermann, Charles G., Edward A. Pace, Condé B. Pallen, Thomas J. Shahan et John J. Wynne (éd.), The Catholic Encyclopedia. An international work of reference on the constitution, doctrine, discipline, and history of the catholic Church, vol. 9, New York, Robert Appleton Company, 1910, p. 437.

Le Jeune, L., Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, moeurs, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, tome 2, Ottawa, Université d’Ottawa, 1931, p. 195.

Lemire, Maurice (dir.), avec la collab. de Jacques Blais, Nive Voisine et Jean Du Berger, Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec, tome 1 (Des origines à 1900), Montréal, Fides, p. 159-160. [2e éd. revue, corrigée et mise à jour.]

Lemire, Maurice, et Denis Saint-Jacques (dir.), avec la collab. de Marie-Andrée Beaudet, Aurélien Boivin, Anne Carrier, Daniel Chartier, Kenneth Landry, Hélène Marcotte, Clément Moisan, Pierre Rajotte et Lucie Robert, La vie littéraire au Québec, tome 4 (1870-1894), Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 1999, p. 272-273 et 307.

Rose, Geo. Maclean (éd.), A Cyclopædia of Canadian Biography : being chiefly men of the time, Toronto, Rose Publishing Company, 1886, p. 745-746.

Wallace, W. Stewart (éd.), The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1978, p. 477. [4e éd. revue et enrichie par W. A. McKay.]

Crédit photo

Le Monde illustré, Montréal, vol. 8, nº 403 (23 janvier 1892), p. 618.


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